Quand les porcs cuisinent 

Souffrant l’image des cylindres bien huilés,
vomissant la dépression en mots galvanisés,
en petits plats bien présentés,
en bienveillance aillée,
la médisance est lovée dans l’arrière cuisine.

On y saigne,
on y tranche,
on y abîme la tendre chair des Âmes sensibles,
on y maltraite la Tortue et le Sanglier.

Les tabliers dansent la Corrida,
les mains aiment l’animal dans ses tripes,
dans son cœur,
ces abats.

La bouche bave les charcuteries des ouïes dires,
la salive coule les méandres de l’ignorance.
La Tablée se régale d’une conscience appauvrie
par l’égotique karma.

Rien ne vient embellir la scène du lynchage.
Les torchons sont humides des pleures routiniers,
les douleurs émotives balisent le terrain décharné;
Monologue d’oreilles coupées,
les porcs installés se congratulent
de leur inaccessible cannibalisme.

Ça écoute Puccini,
ça lit Philosophie
ça accueille la misère des êtres égarés,
ça gerbe l’or,
ça pisse l’adultère,
ça crie « Liberté ! »,
ça aime l’autre dans la fidélité de l’horreur,

Le dessert du jugement sonne l’heure
des interprétations à sens unique,
qui panique l’analyse et dégueule la conclusion:
La chèvre est coupable de ne pas être mouton.

Le pâté du complot conserve
le goût de l’intestin contracté
et du jus amer des viscères stressées.

A tablée avec les porcs,
la bienveillance siège le Café Gourmand
où les calissons sont fait de gelée
de perdrix et de crachats.

Messieurs, Mesdames,
Porcs du monde cultivé,
roulons-nous dans nos malheurs,
nos injustices et nos pleurs!

Tout ceci est la faute de la différence,
celle qu’on croit défendre,
celle qu’on ne sait aimer.
La différence… on ne peut que la nommer;
ce qui nous dérange, faisons-en de la chair à pâté!

Ah, mes chers porcs…
Que n’ai-je encore à apprendre
de vos effroyables amandes
aussi sucrées qu’amer!

Des amygdales au coeur,
Je ne peux que souhaiter
que votre tunnel mélodieux
s’enorguillisse de pain d’épices,
de miel, et caramel beurre salé.